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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 13:59

 Un petit rappel pour répondre à de nombreuses questions posées par les lecteurs...

Nicolas Grondin est un ancien libraire, aujourd'hui éditeur et auteur, il connait donc très bien le sujet!

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Ma rencontre récente avec un jeune homme porteur de quelques questions sur le métier d’éditeur, qu’il entend embrasser — ô courageux inconscient ! —, m’a fait prendre conscience de la complète hébétude des béotiens quand on leur parle de « retours ». Qu’est-ce que c’est que cette bête-là ? Tout simplement une très grosse branche sur laquelle sont assis éditeurs, diffuseurs et libraires (de neuf), et que chacun d’entre eux s’emploie, à sa place, à scier avec application.

Saturne dévorant un de ses fils (Peter Paul Rubens, 1637).
Museo Nacional del Prado, Madrid

 

 

Cette histoire commence plus ou moins lorsque la Librairie générale française - filiale de Hachette - crée en 1953 de la collection Le Livre de Poche, qui lança réellement ce format en France. Pour faire passer la pilule aux libraires, qui rechignaient à vendre ces bouquins mal imprimés — et dont le prix faisait baisser les recettes, surtout —, Hachette proposa un « droit de retour »… Le diffuseur passait un contrat(1) avec les libraires : ceux-ci recevaient les nouveautés du LdP, mais avaient le droit, après un délai convenu, de retourner les invendus ; un peu sur le modèle des détaillants de presse, en somme. D’ailleurs, comme ces derniers, pour certains titres, ils n’avaient même pas besoin de renvoyer les livres eux-mêmes, il leur suffisait d’expédier à Hachette les couvertures arrachées pour être crédités des « retours ». Les PUF pratiquaient aussi cet arrachage de couvertures pour leurs Que sais-je. Harlequin le pratique encore.

 

Le cycle que l’on commença ainsi à caresser allait vite devenir vicieux. Bientôt tout le monde se mit à proposer des « offices », et la pratique s’étendit aux ouvrages brochés en grand format. Tous ces contrats comportaient un « délai de garde ». Pour faire court : les libraires n’avaient pas le droit de retourner les ouvrages avant trois mois et, après un an, le diffuseur considérait que les livres ne pouvaient plus être retournés.

 

Je vous épargne le casse-tête comptable qui consiste à savoir qui finance qui, dans la mesure où les uns payent à 60 jours fin de mois, les autres à 90 jours, les retours étant crédités 60 jours après leur reconnaissance, et… Bref, je vous assure que ce n’est pas triste !

 

Une fois disparue la génération de libraires qui avait vu naître ces changements dans les pratiques commerciales, leurs successeurs prirent ses usages comme allant de soi, alors que cette caractéristique est unique dans le monde du commerce, qu’elle conduit à des aberrations grotesques. Par exemple, lorsque vous entrez aujourd’hui dans une librairie de neuf, 80 % des livres que vous avez sous les yeux n’appartiennent pas au libraire, mais aux diffuseurs avec lesquels il est en compte. Et encore s’agit-il là d’une bonne librairie, car alors les 20 % restant représenteraient le « fonds ». Ce qui est loin d’être la norme.

 

 

 

 

De mon point de vue, l’un des effets pervers de la loi Lang(2) fut d’augmenter encore ces incongruités. Une fois la loi votée, le 10 août 1981, le prix était donc fixé par l’éditeur, et imposé sur tout le territoire, quel que soit le point de vente - avec les impossibilités que cela suppose : quid de la librairie martiniquaise ? La seule façon d’augmenter sa marge consista donc pour le libraire à obtenir de meilleures remises auprès du diffuseur. Lequel avait dès lors beau jeu de leur en proposer de plus importantes… à condition qu’ils acceptassent plus d’offices, offices qui allaient s’étendre désormais à quasiment toute la production, et à - pratiquement - tous les diffuseurs.Ils permirent surtout aux diffuseurs — et derrière eux aux éditeurs qu’ils diffusaient — de mieux rationaliser leur gestion, nirvana de tous les actionnaires qui se précipitaient vers l’industrie du Livre, réputée stable.En effet, plus ce système était efficace, mieux on savait combien allait rapporter tel ouvrage mis « à l’office » à un nombre d’exemplaires déterminé par avance. Tel ouvrage sera placé à 1 000, à 5 000 ou à 10 000 copies, réparties sur les différentes librairies « en office ». Il suffit alors d’appliquer un ratio moyen de retours probables, un autre de réassorts espérés, et on obtient une fourchette assez précise de ce que rapportera le produit. C’est magique ! Les contrôleurs de gestion devinrent plus nombreux que les éditeurs.

 

La troisième génération de libraires alla plus loin. L’écrasante majorité n’admettait pas que quelques diffuseurs indépendants résistent encore à la pratique de l’office, et préfèrent toujours - les naïfs ! - envoyer leurs représentants sur les routes présenter les parutions à venir. Mieux : les « délais de garde » et autres contraintes de temps qu’imposait l’office volèrent en éclat.

 

Comme certains diffuseurs prirent des libertés avec les contrats — plutôt que d’envoyer deux exemplaires de tel best-seller supposé, on envoyait deux… présentoirs de cinq, voire de vingt ! —, les libraires ne se privèrent pas de faire leurs accrocs aux engagements. Ils renvoyaient les livres au bout d’un mois, quelquefois sans même ouvrir les cartons, et la première partie de la rencontre régulière entre le libraire et le représentant consista désormais en « cérémonie des retours » : la pile de rossignols oubliés dans les rayons pour lesquels il fallait signer une Autorisation de retour. Un diffuseur — Harmonia Mundi pour ne pas le nommer — accorda même le droit de retour intégral sur son catalogue et la mensualisation des traites, désormais identiques chaque mois et équilibrées en fin d’exercice.Autant dire que la durée de vie des livres en librairie tient maintenant plus du string que de la combinaison de Bonne-Maman… La déresponsabilisation des libraires est désormais totale : le choix qu’ils ont sur la nature et la couleur de leur stock, seule manière pourtant de se démarquer de la distribution de masse, est de plus en plus restreint. Alors, les livres valsent, vont et viennent, les uns chassant les autres à la vitesse de steaks sous vide au rayon frais. Ils sont devenus une classe particulière de manutentionnaire spécialisé, dont le souci de standardisation les incite à se cantonner aux cinq grands diffuseurs… Les autres, ils n’auront pas le temps de faire les retours.

 

Ces deux dernières décennies, le taux de retour moyen est passé de 12 à 35 % ! Et les éditeurs, à la fois otages et complice de leur diffuseur(3), ne sont pas exempts de torts dans cet engrenage stupide. Bien au contraire, ils alimentent allègrement cette machine à perdre qui court pour fuir son ombre. Maintenant que leurs contrôleurs de gestion « savent » combien de pognon est susceptible de générer le prochain produit, les éditeurs financent les retours du précédent produit avec les offices du produit suivant, s’obligeant par là à produire pour continuer à… produire.

 

À défaut de créer.

 

Nicolas Grondin

 

1. Dit contrat d’office. Le mot « office » est resté dans la profession pour désigner les envois systématiques de nouveautés des diffuseurs aux libraires.

2. Qu’il vaudrait mieux appeler « loi Lindon », tant l’ancien éditeur de Minuit a œuvré pour qu’elle voit le jour.

3. Syndrome de Stockholm, peut-être ?

 

 

 

 
par Nicoleus Grondinus, mercredi 8 décembre 2010, 13:26

 

 

 

 

 

 

 

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publié par Nicolas Grondin - dans Chroniques d'Elan Sud
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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 15:01

En fait, les chiffres d'Elan Sud ne sont pas mauvais du tout au regard de cet article!

Flops en stock: Pécresse, Huster, BHL...

Par Grégoire Leménager

C'est à vous désespérer d'être célèbre, de passer chez Laurent Ruquier et d'intriguer pour avoir droit à de flatteurs entretiens de six pages dans les gazettes en vue. « Le Parisien » du jour s'est amusé à publier quelques-uns des vrais chiffres de vente « des livres dont on a beaucoup parlé » ces derniers temps (*). C'est édifiant.

Les palmes d'or du bide, si l'on peut dire, reviennent incontestablement à :

  ♦ Valérie Pécresse dans la catégorie des « politiques », pour « Et si on parlait de vous ? » (éd. Archipel) : ce n'est pourtant pas faute d'avoir parlé d'elle, mais au regard de ses 269 exemplaires vendus, on se dit que la ministre de l'Enseignement supérieur n'a finalement pas fait un si mauvais score aux dernières élections régionales en perdant de 13 points face à la liste conduite par Jean-Paul Huchon.

  ♦ André Manoukian dans la catégorie « people ». Avec « Deleuze, Sheila et moi » (Calmann-Lévy), ce juré de la prestigieuse « Nouvelle Star », sur M6, a plafonné à 174 exemplaires. Rien ne permet de discerner si c'est la faute à Deleuze ou à Sheila.

  ♦ Bernard-Henri Lévy enfin, qui dans la catégorie des « écrivains-journalistes » réussit l'exploit d'être doublement cité : pour « Pièces d'identité » (3721 exemplaires, chez Grasset) et pour « De la guerre en philosophie » (5282 ex., même éditeur). Mais il est vrai que « le Parisien » s'est charitablement abstenu de citer le score de son compère Yann Moix, dont on apprenait récemment qu'il n'avait pas, avec « la Meute », attiré plus de 1000 lecteurs.

 

Mieux vaut qu'il s'abstienne, en somme, de lorgner sur les chiffres atteints par Elisabeth Badinter (114.953 ex. pour « le Conflit : la femme et la mère », chez Flammarion), Florence Aubenas (122.227 ex. pour « le Quai de Ouistreham », à l'Olivier), ou même Lilian Thuram (« Mes étoiles noires », 44 431 ex.)

 

Il ferait mieux, pour se consoler, d'admirer les impressionnantes performances réalisées par les délicates confidences de Patrick Poivre d'Arvor (« Tenir et se tenir », 6542 ex.), Francis Huster (« Lettres aux femmes », 3252 ex.) et Patrick Balkany (« Une autre vérité que la mienne », 2950 ex.), tandis que la prose étincelante de Dominique de Villepin fait elle aussi long feu (« le Dernier témoin », 2576 ex.), prouvant par là que l'anti-sarkozysme ne paie désormais pas plus que la proximité avec l'Elysée (« le Parisien » précise en effet que le père de Nicolas Sarkozy a fait un joli flop chez Plon avec « Tant de vie », et que de façon générale, les maisons d'édition « après avoir produit des dizaines de livres sur le président de la République, refusent pour la plupart des ouvrages qui lui sont consacrés »).

 

La condition de l'homme médiatique est décidément bien cruelle. Mais c'est sans doute que l'époque peine à reconnaître ses génies, comme d'habitude. Après tout, Stendhal ne vendait pas beaucoup de son vivant non plus. Restons donc confiants pour Manoukian, BHL et Balkany, puisque la postérité saura faire le tri.

 

source : nouvel OBS.comG.L

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 09:04

FETE DU LIVRE
le samedi 19 septembre 2009 à Coustellet (84)
"Le goût du voyage"


    rencontres et dédicaces avec les écrivains
Stand de la maison d'éditions Elan Sud, en compagnie de trois auteurs :
Jean-Marc BONNEL, Dominique LIN, André RAOUX-GRANIER


   
ateliers, animations

   
expositions d'artistes sur le thème du livre

   
conférences - débats - café-philo

   
démonstration de tango argentin

   
L'exotisme sera présent avec la Polynésie, l'Afrique, l'Asie et l'Argentine.

    * Peut- être allez vous rencontrer votre écrivain préféré, à moins que vous ne soyez tenté par un atelier (peinture, calligraphie, écriture, reliure...)

    * Les ados s'initieront au tango argentin puis ils se retrouveront sous la tente BD.

    * Les enfants tireront les parents par la main pour écouter des contes, participer à des ateliers et voir les marionnettes.

    * Cette journée sera clôturée par une milonga (bal argentin)


Organisée par l'association la CULTURE AU SOLEIL
Différents pôles d'activités gratuits toute la journée
Salon organisé sous abri, conférences en intérieur
Plus de détails sur le blog de la Fête du livre

Comment venir :
Pour venir à Coustellet, entre L'Isle sur la Sorgues et Apt (D900, ex N 100).
A quelques km de Gordes, Oppèdes, Roussillon, Ménerbes, Lacoste, Fontaine de Vaucluse …
Sorties d'autoroutes les plus proches : Avignon Sud ou Cavaillon
Plan Google Maps

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 16:35
Il nous a semblé opportun de nous arrêter sur la commémoration du bicentenaire de la naissance de Louis BRAILLE dont peu de gens sont informés. Ceux qui ont l'usage de son système d'écriture sont conscients de son importance.
"Voix pour moi", le roman d'Alicia FERTIG traite avec une grande délicatesse de ce handicap. Il n'est jamais question de sensiblerie ou de pitié. Les deux adolescents (un est aveugle, l'autre sourd-muet) nous emportent dans leur monde, leurs perceptions, accompagnés de Nest', cet homme de ménage un peu gauche, mais très attachant.
Pour en savoir plus sur le roman, cliquer ici

Les principales associations françaises spécialisées dans le domaine de la déficience visuelle ainsi que plusieurs associations européennes et mondiales ont constitué un Comité International pour la commémoration du bicentenaire de la naissance de Louis Braille (CINAL).

Vous pouvez télécharger un petit film très bien fait consacré à la vie de Louis Braille, inventeur du système de lecture et d’écriture à points en relief pour les aveugles. Voici le lien direct :

Quelques liens :

Groupement des intellectuels aveugles et amblyopes
En 1949, un petit groupe d’étudiants et d’intellectuels aveugles souhaite faire tomber les barrières, comme on le disait à l’époque, entre « le monde des aveugles » et « le monde des voyants »
. En milieu étudiant, des contacts amicaux sont tissés par quelques jeunes partageant avec leurs camarades non voyants des activités récréatives et culturelles. Avec énergie, ces jeunes ont proposé à leurs contemporains malvoyants la lecture bénévole, le secrétariat pour la révision des examens, des activités communes, etc.

Créée en 1889, l’Association Valentin Haüy a été reconnue d’utilité publique en 1891. Son fondateur, Maurice de la Sizeranne, devenu aveugle à l’âge de 9 ans, avait pour ambition de soutenir les aveugles dans leur lutte pour l’accès à la culture et à la vie professionnelle.
Aujourd’hui, et avec constance depuis près de 120 ans, l’Association Valentin Haüy poursuit l’objectif premier de son fondateur : lutter avec et pour les personnes déficientes visuelles pour la reconnaissance de leur droits, leur participation à part entière à la vie sociale et professionnelle, le développement de leur autonomie au quotidien, leur information et l’information du grand public sur la réalité du handicap visuel, les moyens de sa prévention et la nécessité de toujours faire évoluer le regard que la société, et parfois les personnes déficientes visuelles elles-mêmes, portent sur le handicap.


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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 05:16

Cet article d'Amélie Charnay paru en janvier 2007 sur le site01men — généraliste culturel —, décrit assez bien la vie d'un livre. Même si les chiffres avancés ont évolué, les marchés se sont tendus, les délais raccourcis, le shéma conducteur est le même. "Du manuscrit au pilon", voilà bien annoncé le cycle d'une majorité de titres. Même si chaque auteur donne le maximum de lui-même dans son œuvre, les réalités du marché en font déchanter plus d'un.

Vous trouverez des liens vers deux autres articles issus du Point et de l'express. De 2005 à 2008, les chiffres diffèrent, la triste réalité reste. Pour certains, le livre est avant tout une marchandise avec ses frais de stockage, son éphémérité commerciale, son renouvellement méditiaque, la concurrence,… des notions très éloignées de la "création littéraire" et de "l'exception culturelle française"!

 

De son écriture à son arrivée dans les mains du lecteur, un livre connaît un parcours qui s'apparente à celui du combattant. Avec le pilon comme destination finale s'il ne réussit pas à séduire le public dans un temps record.
PHOTOS
Près de 700 romans lors de la rentrée littéraire de septembre 2006 : difficile pour un libraire de présenter toutes ces nouveautés.

Les aventures de Harry Potter sont tirées à 1,8 million d'exemplaires. Une exception en France où le tirage moyen tourne autour de 7 000.

Entre 20 et 25 % des livres restent invendus chaque année. La plupart d'entre eux finissent au pilon et sont recyclés en papier.

article signé :
Amélie Charnay , 01men., le 12/01/27

© texte et photos 01men 

 

 

Au commencement était le manuscrit. Envoyé à quelques éditeurs, il rejoint la plupart du temps la pile des retours. Mais pour les quelques heureux élus qui sont sélectionnés, le plus dur reste encore à venir.

Une chance sur mille d'être édité

« Nous recevons huit mille à dix mille manuscrits par an et nous n'en publions que deux en moyenne. Certaines années pas du tout », précise-t-on chez Albin Michel. Des statistiques qui ont de quoi effrayer les écrivains en herbe mais qui sont à relativiser selon Marc Autret, auteur de 150 questions sur l'édition : « On dit parfois qu'un jeune auteur n'a guère plus d'une chance sur mille d'être remarqué par un gros éditeur de fiction, mais les chiffres tombent à des taux moins désespérants chez les moyens et surtout chez les petits éditeurs, seuls véritables défricheurs. »

Et les situations diffèrent fortement suivant le genre : un ouvrage technique aura ainsi plus de chance de trouver preneur qu'un roman. Une fois sorti de presse, le livre n'a pas encore gagné la partie : il doit trouver grâce aux yeux des représentants et des libraires.

Relégué dans un carton

Tiré à un nombre d'exemplaires variable (de 3 000 pour le roman d'un inconnu à 1,8 million pour un Harry Potter), un livre n'est pas assuré d'être distribué dans toute la France ni de se retrouver dans les rayonnages d'une Fnac. Tout dépend de son réseau de diffusion. Quand bien même ce dernier est conséquent, le livre peut se retrouver noyé au milieu de nombreuses nouveautés. C'est à l'éditeur de convaincre les représentants de son potentiel afin qu'ils incitent les libraires à le mettre en avant.

Le libraire est ensuite seul maître à bord dans sa boutique. Il peut ainsi très bien ne pas exposer à la vente les livres qu'il a achetés. « Il arrive souvent qu'ils n'ouvrent même pas les cartons des livres qu'ils reçoivent ! », s'insurge Gérard Pouradier, journaliste et fondateur de l'Association pour le contrôle de la diffusion du livre. Une pratique qui n'a rien de honteux pour Sophie Saint-Marc, du Syndicat de la librairie française : « Les libraires ne peuvent lire préalablement tout ce qu'ils commandent. Et les ouvrages reçus ne correspondent pas toujours à ce qu'ils attendent donc ils les écartent. Sans compter que les libraires des 2e et 3e niveau [petits points de vente, NDLR], ne savent pas ce qu'ils vont recevoir puisqu'ils ne disposent pour faire leur choix que d'une grille sans titres d'ouvrages, avec juste la collection et la nature de la vente. » Un phénomène qui prend particulièrement de l'ampleur lors des rentrées littéraire de septembre et janvier.

Trois semaines pour obtenir un succès

Enfin en place dans les rayons des librairies, l'ouvrage attend avec impatience le client qui s'attendrira sur son sort. Gare au temps qui passe : s'il ne parvient pas à séduire le chaland en quelques semaines, il risque vite d'être mis au rebut par le libraire. « Il est difficile de déterminer la durée de vie moyenne d'un livre. Ce qui est sûr, c'est que son temps de décollage est de plus en plus court. On sait si c'est un succès au bout de 3 à 5 semaines. Au-delà, le libraire aura tendance à le mettre dans un coin », précise le rédacteur en chef adjoint de Livres Hebdo, Fabrice Piault. Une mise de côté au bout de quatre semaines ne signifie pas pour autant la mort du livre à qui on accorde encore généralement deux mois de sursis dans la boutique.

Mais le couperet peut aussi tomber plus vite. Grâce à la politique des retours, le libraire a le droit de se faire rembourser les invendus par l'éditeur. En théorie, il est censé attendre trois mois avant de renvoyer ses exemplaires. « En pratique, beaucoup d'éditeurs sont plus souples et acceptent les retours avant les trois mois », précise Sophie Saint-Marc. Encore tabou il y a une dizaine d'années, ce retour précoce des ouvrages est désormais assumé au grand jour par l'ensemble des acteurs du marché.

20 % des livres pilonnés ?

Le Syndicat national de l'édition estime que le nombre d'invendus tournerait autour de 100 millions d'exemplaires chaque année en France, pour une production d'environ 500 millions d'exemplaires. Pour Fabrice Piault, « ces chiffres recouvrent des situations très variables. La littérature générale représente environ 35 % d'invendus, le parascolaire 50 % parce qu'il est vite daté. Mais la moyenne générale n'est pas si mal, c'est moins qu'il y a vingt ans et beaucoup moins que dans la presse où il y a 50 % d'invendus ! » Une efficacité que la chaîne du livre aurait gagnée grâce à l'informatisation et à une politique de flux tendus.

Reste que peu de perspectives s'ouvrent à un livre invendu : repartir au stock, être racheté par son auteur, donné à une association caritative ou partir au pilon. « On peut dire que les 2/3 au moins des invendus vont au pilon parce que stocker un livre coûte cher, que les auteurs ne rachètent en général qu'une dizaine d'exemplaires et que les dons de livres sont un épiphénomène », explique Christian Robin, maître de conférence à Paris XIII et auteur du Livre et l'édition. Vécu comme un traumatisme par les auteurs qui n'en sont pas toujours avertis, le pilon suscite de moins en moins la polémique car il est désormais considéré comme un moyen d'assainir le marché. Avec comme consolation de savoir que le livre ne meurt pas tout à fait : recyclé en papier, il peut alors donner vie à un nouvel ouvrage !

En 2005, parraissait l'article :
Voyage au bout du pilon par Marianne Payot sur le site de l'Express.
Il commençait ainsi :
Chaque année en France, environ 100 millions d'ouvrages sont invendus. Que deviennent-ils? Si les beaux livres peuvent bénéficier d'une seconde chance, la plupart connaissent un sort beaucoup moins enviable... et finissent en papier recyclé. L'Express lève le voile sur l'un des sujets les plus tabous du monde de l'édition...
La suite sur le site de l'express

 

Plus près de nous, en juillet 2008, c'était lePoint qui abordait le sujet…

Le grand cimetière des livres par Karine Papillaud

Il commençait ainsi :
Un livre ne meurt jamais, nous dit-on... Faux ! Pour laisser la place aux 676 livres qui feront la rentrée littéraire, un grand ménage s'impose. Visite dans ce haut lieu des basses oeuvres de l'édition. Pilon, fais ton office !

La suite de l'article sur le site du Point

 Le pilon en chiffres
Les pilons sur retour représentent 50 millions d'exemplaires, par rapport aux 520 millions d'exemplaires envoyés aux librairies chaque année. 20 % de ce volume, c'est-à-dire 105 millions d'exemplaires, sont retournés par les libraires aux éditeurs. Les pilons sur stock représentent 30 millions d'exemplaires, soit 4 % du stock détenu par les distributeurs éditeurs et points de vente.

 


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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 15:20
Adieu le bateau livre, voici…
La Grande Librairie sur France 5

En direct et en public, à partir du jeudi 4 septembre 2008 à 20h35, François Busnel prend les commandes de l’émission "La Grande Librairie". « Donner l’envie et le plaisir de lire au plus grand nombre » telle est l’ambition de France 5 pour ce nouveau rendez-vous littéraire !

Chaque jeudi, François Busnel propose et présente la nouvelle émission littéraire de France 5 "La Grande Librairie". En public et en direct, c’est toute l’actualité littéraire qui est au rendez-vous de ce magazine. En plateau, quatre écrivains, français ou étrangers, des plus "médiatiques" aux plus "méconnus", seront présents afin de partager leur passion du livre.

Différentes séquences rythmeront l’émission :
 - Un portrait tout en images présentera le parcours et l’¦uvre des invités,
 - Toujours en images, un libraire aura carte blanche pour parler de son « coup de c¦ur » ou de son « coup de gueule » de la semaine,
 - JUL, dessinateur de presse, propose de « croquer » les moments forts de l’émission,
 - Un décryptage du palmarès des meilleures ventes évoquera les « tops » et les « flops » de la semaine,
 - Sous forme de reportages, François Busnel partira à la rencontre d’auteurs étrangers, devenus cultes, afin de mieux appréhender leur univers.

Les téléspectateurs qui souhaitent poser des questions aux futurs invités sont appelés à réagir sur le site Internet dédié à l’émission. Les plus pertinentes seront posées pendant l’émission. En direct, les téléspectateurs peuvent aussi intervenir via les SMS.

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Voici le communiqué de presse officiel de la chaîne France 5, reste à en découvrir la mise en œuvre. Y aura-t-il vraiment la place pour des auteurs peu ou pas connus issus d'autres maisons d'éditions que les éternels annonceurs publicitaires?
C'est que tous les amoureux du livre attendent, savoir si c'est un effet d'annonce ou une volonté de sortir des autoroutes de l'édition…
Rendez-vous le 4 septembre. Vers 21h30, nous y verrons plus clairs…

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 13:57
Il m’est difficile de laisser passer cet événement sans rien dire
Youssef CHAHINE est parti ce week-end ...
Il était non seulement cinéaste et réalisateur mais surtout un grand humaniste qui prônait la tolérance et  le respect.
Chacun  trouvera dans le parcours de Youssef CHAHINE ce qu’il a envie de prendre. Jusqu’au bout il se sera insurgé contre l’intégrisme, l’injustice, ...
Son film  “le Destin” est un hommage à une civilisation lointaine mais pourtant proche. Nostalgie d’un passé..., le faire revivre ne dépend que de nous........
Merci pour votre témoignage et bon voyage à vous, Monsieur CHAHINE
Corinne

Youssef Chahine en mai 2004 (© Reuters)


Deux articles complets sur ce grand homme :

Le Figaro

Youssef Chahine, le provocateur facétieux

Le réalisateur égyptien a marqué le cinéma francophone par une œuvre à la fois intimiste et politiquement engagée.Brigitte Baudin, 28/07/2008

Le réalisateur égyptien a marqué le cinéma francophone par une œuvre à la fois intimiste et politiquement engagée. Crédits photo : AP

Le réalisateur égyptien d'«Alexandrie... pourquoi ?» et du «Destin», qui avait obtenu, en 1997, au Festival de Cannes, le prix du 50e anniversaire, s'est éteint dimanche au Caire des suites d'une hémorragie cérébrale, à l'âge de 82 ans.
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Le Monde :

Youssef Chahine, la conscience cinématographique du monde arabe

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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 11:37
La guerre de l’attentionJ'ai lu pour vous sur le site de Paris Art cet article que je laisse à votre appréciation…
 © Paris ARTS

Flux d’images, le ludisme généralisé et l’ergonomie des interfaces ont d’ores et déjà inscrit dans nos esprits, nos corps et nos habitudes les mécanismes devenus «naturels» du clic, du copier-coller, du zapping, du moteur de recherche, ou du switch permanent entre les plates-formes, voire de l’usage simultané de plusieurs plates-formes — le téléphone dans une oreille, un MP3 dans de l’autre, tout en rédigeant des SMS…
L’extraordinaire force cognitive de ces outils, flux et réseaux est très sciemment détournée au service de la bêtise et de la passivité, exténuée par une perte de sens planifiée et assumée par les maîtres des industries de programmes et de divertissements.

Dans la guerre de l’attention qui fait rage en ce début de siècle, l’intelligence subit donc les assauts des jeux, programmes et divertissements débiles, des ravages de l’addiction aux technologies, du repliement de la culture sur l’acte d’achat, etc. L’intelligence est surtout minée par le recul vertigineux de la raison critique à proportion du déclin de la lecture et l’écriture.
Trois clics ne campent pas un raisonnement, cinq copier-coller ne charpentent pas un texte, et une série d’explorations du web à l’aide d’un moteur de recherche ne suffit pas à étayer une problématique. Pas plus que les (souvent) médiocres débats télévisés n’exercent à penser ou à argumenter.

Une sinistre stratégie est ainsi déroulée avec détermination à partir des technologies numériques pour capter l’attention. Il s’agit de fragiliser l’intelligence en s’en prenant à la raison critique. Dans le but que, vidé et dépourvu de sa pugnacité critique, le cerveau devienne «disponible», c’est-à-dire prêt à tout accepter, même le pire.

L’une des formes contemporaines du pire est cette généralisation insidieuse du modèle de l’achat dans les relations les plus spontanées au monde et aux autres. Cette façon de tout considérer comme des marchandises accessibles dans les formes brèves, courtes, simples et parfaitement balisées de l’achat.
Ce que l’on sent disparaître dans cette captation effrénée de notre attention, ce sont en fait les richesses et les saveurs de la vie : les plaisirs des processus, des raisonnements, des discours critiques, des argumentations. Toutes ces relations qui se tissent dans la durée et les réciprocités actives et dynamiques.




Lire
— Bernard Stiegler, Prendre soin de la jeunesse et des générations, Paris, Flammarion, 2008.
— Bernard Stiegler et Ars Industrialis, Réenchanter le monde. La valeur esprit contre le populisme industriel, Paris, Flammarion, 2006.


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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 07:03

Le site “Pour le livre“ a été lancé pour prolonger et amplifier la mobilisation des auteurs,des éditeurs et des libraires en faveur de la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre. La Société des gens de lettres, le Syndicat national de l’édition et le Syndicat de la librairie française ont dénoncé en commun les attaques dont cette loi a été la cible à l’occasion de l’examen au Parlement de la loi de modernisation de l’économie. Cette mobilisation, qui s’est élargie à des membres du Gouvernement, en premier lieu la Ministre de la culture et de la communication, à des élus locaux, aux bibliothécaires, aux traducteurs ou aux professionnels du livre en régions, a permis d’éviter que ces amendements ne soient adoptées par l’Assemblée nationale. Il est néanmoins impératif que cette mobilisation soit maintenue car ce débat a révélé au grand jour la volonté de quelques acteurs de remettre en cause à leur profit les équilibres économiques et culturels existants. Ce débat a également mis en avant la nécessité de mieux expliquer les vertus du prix unique du livre, pour la création littéraire, pour les équilibres d’un marché du livre ouvert et pour les lecteurs eux-mêmes. Ce site, qui s’enrichira régulièrement de nouveaux contenus, vise donc à être un lieu d’information et d’échange sur ce sujet, ouvert aux professionnels comme au public.


Des amendements proposés par des députés de la majorité parlementaire lors de l’examen du projet de loi de modernisation de l’économie ont ouvert un large débat sur la loi du 10 août 1981 relative au prix du livre, dite « loi Lang ».

Les professionnels du livre, auteurs, traducteurs, éditeurs et libraires, rejoints par les bibliothécaires et de nombreux acteurs du livre en régions, ont expliqué d’une même voix que ces amendements remettaient en cause la loi de 1981 et menaçaient les équilibres du marché du livre, ainsi que la diversité de la création et de l’édition françaises. Leur mobilisation a été relayée par des membres du gouvernement. Madame Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, a souligné combien cette loi restait un outil indispensable pour protéger la littérature. Madame Christine Lagarde, ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, quant à elle, a indiqué ne vouloir changer ni la politique du livre ni le système législatif actuel.

Les acteurs du livre sont néanmoins inquiets car beaucoup d’idées fausses sont colportées sur la loi par quelques multinationales du commerce culturel. Le lobbying qu’elles exercent auprès des parlementaires est à l’origine de ces amendements. Il vise à déréguler le marché du livre afin d’imposer un modèle commercial basé sur une volonté d’hégémonie et une stratégie purement financière. Derrière leurs arguments démagogiques mêlant modernité, défense du pouvoir d’achat et même écologie se cache un combat contre la création, la diversité, la concurrence et l’accès du plus grand nombre au livre.

Ce modèle culturel français, nous y sommes pour notre part indéfectiblement attachés. Ses vertus sont multiples. Avec plus de 2500 points de vente, le réseau des librairies est dans notre pays l’un des plus denses au monde. Il permet, aux côtés du réseau de la lecture publique, un accès au livre aisé et constitue un atout important pour l’aménagement du territoire et l’animation culturelle et commerciale des centres-villes. Ce réseau de librairies indépendantes cohabite avec d’autres circuits de diffusion du livre, les grandes surfaces culturelles, la grande distribution, les clubs de livres ou Internet. Depuis de nombreuses années et à l’inverse d’autres secteurs culturels comme le disque ou la vidéo, le marché du livre se développe sans qu’aucun circuit n’écrase ses concurrents. Chaque circuit joue son rôle et le consommateur bénéficie d’un véritable choix.

Pour la création et l’édition, cette densité et cette variété des circuits de vente du livre offrent à chaque auteur et à chaque livre le maximum de chances d’atteindre son public, qu’il s’agisse d’un premier roman, d’un ouvrage de recherche, d’un livre pour enfant, d’une bande dessinée, d’une œuvre traduite, du dernier roman d’un auteur connu, d’un livre pratique ou d’un ouvrage scolaire. Tous les livres pour tous les publics, voilà notre modèle.

Ce modèle, c’est la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre qui en est le pivot et le garant. En permettant d’infléchir les règles du marché afin de tenir compte de la nature culturelle et économique particulière du livre, elle passe aujourd’hui pour l’une des premières véritables lois de développement durable. Elle confie à l’éditeur la fixation du prix des livres qu’il publie. Les livres se vendent au même prix quel que soit le lieu d’achat, dans une librairie, une grande surface ou sur Internet, durant au moins deux ans. Ce système évite une guerre des prix sur les best-sellers qui ne permettrait plus aux libraires de présenter une offre de titres diversifiée ni aux éditeurs de prendre des risques sur des ouvrages de recherche et de création qui ont besoin de temps et de visibilité dans les librairies pour trouver leur public.

De surcroît, le prix unique fait baisser les prix. Contrairement aux idées reçues, les chiffres de l’INSEE montrent en effet que depuis une dizaine d’années les prix des livres ont évolué deux fois moins vite que l’inflation.

En favorisant la richesse, la diversité et le renouvellement de la création et de l’édition, en lieu et place d’une standardisation si courante dans de multiples secteurs aujourd’hui, en permettant une variété et une densité de points de vente du livre particulièrement remarquables, en privilégiant une véritable concurrence au détriment de la « loi de la jungle » et en maintenant des prix beaucoup plus accessibles que dans la majorité des autres pays développés, le prix unique du livre est une chance pour le consommateur, pour le lecteur et pour notre culture.

La loi du 10 août 1981 n’est ni obsolète ni corporatiste. Si elle mérite un débat, c’est pour la rendre plus vivante et plus forte encore.

 

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 18:43

Mais qui veut la mort de la loi Lang ? Le consensus autour de ce texte, qui a instauré le prix unique du livre en France, voté à l'unanimité en 1981, pris depuis comme modèle à l'étranger et volontiers qualifié de "première loi de développement durable", semble aujourd'hui s'effriter à la faveur du projet de loi de modernisation de l'économie (LME), dont l'examen doit commencer, jeudi 29 mai, à l'Assemblée nationale.


Pourtant, la remise en cause de cette loi ne figurait dans le rapport Attali remis en février pour libérer la croissance. Mieux, alors que Michel-Edouard Leclerc s'en étonnait, ayant peine à croire que "le "tombeur" des professions protégées ait incidemment oublié cette affaire", Jacques Attali lui avait rétorqué que la commission qu'il dirigeait et lui-même étaient "favorables au maintien de la loi Lang".

Hélas ! C'était sans compter l'avis de deux députés de la majorité, Christian Kert (UMP, Bouches-du-Rhône) et Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre, Lot-et-Garonne). Ils sont les auteurs d'un amendement au projet LME qui prévoit de réduire de deux ans à six mois le délai avant lequel il est interdit de pratiquer des rabais supérieurs à 5 % sur le prix des livres.

Cette proposition a aussitôt suscité une levée de boucliers de tous les acteurs concernés. La Société des gens de lettres (SGDL), le Syndicat national de l'édition (SNE) et le Syndicat de la librairie française (SLF) ont envoyé une lettre commune à Christine Albanel, ministre de la culture, pour la mettre en garde contre l'adoption d'un tel dispositif qui "amorcerait un bouleversement total du marché du livre, dont les seuls bénéficiaires seraient quelques grands acteurs de la distribution".

D'après eux, cela serait négatif pour l'ensemble de la profession. Les librairies indépendantes, qui emploient 13 000 salariés, "ne pourraient pas résister à l'émergence d'un marché de solde à grande échelle dans les grandes surfaces comme sur Internet" ; de plus, "les éditeurs pâtiraient directement d'un report des achats de nouveautés dans l'attente des soldes" ; en ce qui concerne les écrivains, "le système envisagé ne profiterait qu'aux auteurs de best-sellers".


ACHETER PLUS DE LIVRES

Restent les consommateurs. En entraînant une baisse du prix des livres, cette mesure devrait permettre aux clients d'acheter plus de livres. "Nos clients trouvent que les livres sont chers", explique Xavier Garambois, directeur général d'Amazon France, qui juge "très positive" l'initiative des deux députés. "Cela stimulerait le marché du livre, qui est moins dynamique en France qu'en Grande-Bretagne et où les nouveautés sont moins chères", poursuit-il.
Surtout, après la décision rendue le 6 mai par la Cour de cassation qui a estimé que la gratuité des frais de port, pratiquée par les libraires en ligne comme Amazon ou Alapage, n'était pas illégale et ne constituait pas une concurrence déloyale par rapport aux librairies traditionnelles ; cette nouvelle offensive vient à point nommé pour conforter les positions du géant américain.

Les livres sont-ils trop chers en France ? La question est posée. "La loi sur le prix unique est la pierre angulaire de la vie éditoriale. Elle n'empêche pas la concurrence et ne lèse pas les consommateurs", avertit Antoine Gallimard. Provocateur, Hervé de La Martinière estime que "les livres ne sont pas assez chers", si on considère le travail fourni par l'écrivain, l'éditeur, voire le temps passé à lire un livre au regard du coût d'une place de cinéma.

"Le prix du livre est resté constamment inférieur à l'inflation
, sauf en 1981, rappelle Guillaume Husson, délégué général du SLF, pour qui "la suppression de la loi Lang entraînerait une explosion du prix des livres". Quant à l'exemple britannique, il est honni. La suppression du prix unique en 1995 a entraîné, selon les professionnels du livre, "des livres en moins grand nombre, plus chers et moins accessibles ; le consommateur, contrairement aux idées reçues, à tout à perdre à cette dérégulation".


Malgré ce climat, Jean Dionis du Séjour persiste et signe. Il a décidé de maintenir en séance l'amendement, qui a été rejeté en commission, tout en le modifiant légèrement : le délai pour autoriser les rabais passerait de deux ans à un an. Cette mesure devrait permettre, selon lui, de "réduire le nombre extrêmement élevé de livres invendus qui sont détruits chaque année en France", qu'il évalue à "environ 100 millions". Un argument jugé digne d'un "évadé de l'asile de Charenton" par Teresa Cremisi, PDG de Flammarion.

Alain Beuve-Méry


Et vous, qu'en pensez-vous??? Merci de réagir…

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