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  • : Elan Sud, maison d'édition en littérature générale
  • Elan Sud, maison d'édition en littérature générale
  • : Maison d'édition Elan Sud, littérature générale, à Orange (84). Ses auteurs et leurs romans. Parutions, articles, interviews, commentaires. Actualité des salons du livre, rencontres avec le public. Site d'échange littéraire. Organisation du concours de manuscrits : Prix première chance à l'écriture
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Bonjour à tous,

J'ai ouvert ce blog pour vous permettre de réagir aux lectures de nos ouvrages. Les auteurs vous répondront avec plaisir en fonction de leur emploi du temps, laissez-leur un commentaire.

Un calendrier pour retrouver les auteurs, un Blog pour prolonger une conversation…

Un Prix Littéraire pour donner "Une Première Chance à l'Écriture" (un contrat d'édition à la clé)
Pour rester informé des dates de Rencontres & Dédicaces, des parutions, des nouveaux articles, inscrivez-vous à la liste de diffusion.
Ce site est à consommer sans modération. A vous de jouer.
Corinne, responsable d'édition
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Salon de l'édition indépendante à Orange (84)
  le site L'Antre des Livres - renseignements : e-l-u@orange.fr
18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 05:52
Un auteur : Bruno ALBERRO
Une maison d'édition : ELAN SUD

Raconter une histoire.
Qu’est ce qui peut inciter quelqu’un à écrire ? C’est toute la question qui habite l’auteur. Je ne peux m’exprimer au nom des autres bien plus grands que moi. Pour ma part un jour, à l’approche de la cinquantaine, je n’ai plus eu envie de me comparer avec les écrivains que j’adulais. Je me suis contenté de raconter une histoire. Comme un enfant qui mêle réalité et pure invention.
"De l’autre côté", édité chez Elan sud à Orange, vient des ces mondes extraits de la vérité partielle issue de mes voyages et dans la fiction que permet le roman. C’est le fruit d’un chemin initiatique qui m’a conduit au fil des années en Afrique ou en Amérique latine. En utilisant le Je comme technique de narration, le lecteur peut se demander qu’elle est la part de vécu de l’auteur, qu’elle est celle de l’inconscient et du conscient. Il m’est difficile de faire la ou les séparations. Je n’ai pas eu de cloisonnement et je ne me reconnais pas dans ce Je.
Ce Je peut choquer car il place le lecteur dans un rôle d’anti-héros qui peut lui paraître abaissant. Un Je caméra qui observe ce qu’il voit et analyse ce qu’il ressent sans se vouloir moralisateur. Peut être moi même, dans mon travail de journaliste à Vaucluse matin, j’agis aussi de cette manière pour laisser le lecteur choisir et pousser les portes lui même. Celles que je voudrais ouvrir au quotidien dans mon exercice d’écriture qui ne s’attache qu’à relater des faits.
Dans "De l’autre côté" j’ai le sentiment de m’être transformé en éponge qu’on a pressée. Une éponge qui s’est imbibée toute une vie jusqu’au trop plein. Il a débordé quand, arrivant dans un village du Guatemala, un médecin indien m’a raconté de façon la plus naturelle du monde que la veille des soldats du gouvernement étaient entrés dans le village et avaient tiré au hasard dans les maisons. C’est l’embryon d’une colère. Le livre m’a permis de retrouver une paix intérieure.
Il m’est resté le goût d’écrire traduit avec "Evariste Galois" sorti en décembre dernier. J’ai trouvé plaisir à raconter d’autres histoires. Il reste à les partager. Car des écrits enfouis dans un tiroir demeurent des lettres mortes. Nous avons tous des histoires à partager.
Bruno ALBERRO

Qu’est-ce qu’une maison d’édition?
Une maison d’édition, c’est un directeur éditorial, un directeur littéraire, un responsable d’édition, un secrétaire d’édition, un responsable du service correction, un lecteur correcteur, un responsable du service documentation et iconographie, un documentaliste, un comité de lecture aux sensibilités multiples.
C’est beaucoup, en effet.
Les postes sont souvent cumulés comme c’est le cas aux Éditions Elan Sud, à Orange.
Tous les jours des manuscrits arrivent à Elan Sud. Envoyés souvent à l’aveugle, ils atterrissent sur une pile en attente de lecture. Une première sélection : le sujet, l’aptitude de l’auteur à écrire, une résonance dans le texte qui sensibilise des convictions personnelles… ce n’est pas simple.
J'ai choisi la littérature sous forme de roman ou d'essai au sein de plusieurs collections répondant au plus grand nombre de lecteurs, tout en restant attentive à d'autres formes, d'autres directions.

C’est un travail de longue haleine très prenant. Sur quelques centaines de manuscrits réceptionnés, il y en aura un qui, peut-être, retiendra mon attention.
Un élu et de nombreux déçus !
Un éditeur qui se respecte doit financer dans l’intégralité toutes les étapes de la production du livre, c’est un pari sur l’avenir.
La loi interdit à l'éditeur de faire financer le livre par l'auteur. S'il le fait, c’est une opération commerciale, une prestation de service. L’auteur doit alors être maître de son œuvre et l'ouvrage ne doit en aucun cas porter le nom du prestataire.

... la suite au café littéraire du 25, à très bientôt
Corinne LIN

Le café littéraire, un vendredi par mois à 18h  au "CAFE DE LA GARE"
Avenue Frédéric Mistral 84100 ORANGE
Une discussion sans retenue autour du livre du mois.
entrée 4 euros (boisson comprise au choix)
renseignements complémentaires auprès de Max Ferri, téléphone : 04 90 51 86 05

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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 06:22

Les nouvelles affiches de la production Elan Sud
  

Disponibles en pdf (formats A4, A3, A2) pour les libraires et organisateurs de salons sur simple demande par email
N'hésitez pas à télécharger notre catalogue mis à jour en cliquant ici

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 06:18
Dans le tourbillon des amours modernes, tout est flash et transparent. On se compose, se décompose et se recompose à grande vitesse.  Mais qu’en était-il au temps des secrets dans les sociétés figées ?
Regardons  ce qu’en dit  la littérature et particulièrement :
«Le fusil de chasse», de Yasushi Inoué, chez  Biblio

Dans le Japon de l’après-guerre, pétrifié derrière une  façade hiératique, quatre personnages se dessinent : Un homme, son épouse, sa maîtresse,  la fille, adolescente de celle-ci.  Ils sont aisés, cultivés. Ce serait banal si  Yasushi Inoué ne mettait  le drame  qui va survenir en perspective distanciée.
Un poète écrit  quelques vers pour une revue de chasse. La poésie est inspirée  par un inconnu croisé dans la montagne, qui porte un fusil.  Le chasseur se reconnaît dans la revue. Il écrit au poète, lui envoie trois lettres, douloureuses et élégantes, qui lui sont parvenues séparément, de celles qui furent son épouse, sa maîtresse, la fille de sa maîtresse. A ces trois monologues correspondent trois perceptions d’une tragédie, dissimulée sous un silence de plomb : La maîtresse se suicide à petits feux. L’épouse, cousine et confidente de la maîtresse, savait, et se plongeait dans la débauche pour se venger. La maîtresse avait divorcé  pour son amant, bien que celui-ci ne lui consacrât que de rares moments. L’adolescente découvre la vérité dans le journal intime de sa mère et le ciel lui tombe sur la tête.  Autour d’eux, dix années durant, rien n’a transparu.  Les convenances sociales n’ont pas frémi. Le fusil a failli servir, mais… L’homme reste seul. Il ne dit rien. Est-il  bouleversé ? Indifférent ? Mystère. Seules les voix des femmes résonnent dans le silence épistolaire. C’est beau et  terrible.

Né en 1907, Yasushi Inoué,  suit  des études en philosophie. Puis, il se lance dans la littérature. Pour Le fusil de chasse, Il reçoit, en 1950,  l’équivalent du « Goncourt » japonais.  Elu à l’Académie des Art, il  préside également l’Association littéraire japonaise. Il disparaît  en 1991. Le fusil de chasse est d’une écriture sobre, dépouillée, distante, uniquement intérieure. C’est un bref  chef-d’œuvre qui se lit avec recueillement, et dont les phrases parfaites évoquent  trois souffrances,  acérées par le secret  de l’adultère.
Les amours d’aujourd’hui, tapageuses, tourbillonnantes, affichées, sont-elles moins douloureuses quand elles tournent mal ?  Je n’en suis pas persuadé.  L’amour rend heureux. Il fait souffrir aussi, toujours et partout.

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 07:00
Qu’y-a-t-il derrière ces visages que nous croisons, dont nous croyons tout percevoir, tout connaître? Une réconfortante transparence télégénique  ou de mystérieuses vies ?
Regardons ce qu’en dit la littérature et particulièrement
« Les inconnus dans la maison » De Georges Simenon, aux éditions Folio.

Georges Simenon n’avait rien d’un ascète contemplatif. Bon vivant, homme à femmes, aventurier des mers, explorateur de l’Afrique coloniale, road-moviste aux States, déménageur compulsif, c’était un concentré d’écrivain, capable d’engendrer un livre en trois jours, enfermé dans une pièce d’où il ne sortait que la mine défaite, amaigri jusqu’à l’os. Ses héros sont tout le contraire : lents, glauques, épais, flairant longuement les atmosphères, rechignant devant la matérialité des apparences, reniflant les âmes, les humeurs, les sentiments, pour tenter de  comprendre (un peu)  ces êtres bizarres : les hommes.

Loursat boit. Dans son immense maison de Moulins, avocat jadis redouté, il s’enivre pour oublier la fuite de sa femme, qui l’a abandonné avec leur bébé.  Depuis vingt ans, Loursat s’occupe à feuilleter au hasard son immense bibliothèque, mange (grossièrement), se néglige, ne sort jamais et n’adresse mot à personne pas même pas à sa fille. Un soir il découvre par hasard un homme mort dans une chambre abandonnée. Puis, qu’une vie secrète se déroulait là, chaque nuit, autour de sa fille et de notables rejetons aussi francs et vigoureux que des vers blancs. L’amant  de sa fille est accusé. C’est un pauvre, insolite dans ce groupe bourgeois. Loursat le croit innocent, renoue avec les plaidoiries, le sauve. Les amoureux se marient, s’installent au loin. Loursat recommence à boire. Oui, mais pas seul, au bistrot cette fois, entouré de monde
Dans une ville joyeuse comme un fantôme constipé, où l’ennui est plus épais encore que le brouillard, Loursat a redécouvert les gens vivants, les odeurs, les sons, les courants d’air du cœur, et la beauté modeste des sans-grades, leur humble grandeur face aux lâchetés des puissants. Il a retrouvé la vie avec ses petits secrets sans drames, ses mystères touchants, ses attendrissements.

Or, les personnages de Simenon ne sont-ils pas nos voisins de palier, les inconnus de nos trottoirs? Ils cachent, ils mentent, ils se trompent et s’égarent, mais ils sont si attachants ! Lisez Simenon, il rend heureux ! Quatre cents romans, ce n’est pas une affaire !

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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 10:00
Pas moins de 8 manifestations culturelles uniquement au cours de ce mois de mars 2008, c'est le résultat  visible de la dynamique que développe Elan Sud, autant sur Orange que dans le département.

undefined- Quatre Rendez-vous avec les auteurs à la rencontre du public, en médiathèque, en librairie et à Cultura pour l'ouverture su Festival Arabo-Andalou.
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- Présentation de la pièce issue du texte d'Évariste Galois de Bruno Alberro, au théâtre du sablierd'Orange.

undefined- La remise du Prix Première Chance à l'Écriture devant la presse (un contrat d'édition), concours de manuscrits organisé avec un jury adulte professionnel et des élèves du lycée de l'Arc d'Orange, suivie du lancement de l'édition 2009 pour appel à manuscrits sur le thème : LE BONHEUR, … CES PETITS RIENS.
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- L'Assemblée Générale publique de l'association ELU (Expressions Littéraires Universelles) à la Maison du Département d'Orange : Présentation du bureau, adhésions et les 5 grands projets que va mettre en place l'association (Prix littéraire, festival pluri culturel, soutien aux modes littéraires alternatifs, ouvrage de référence et de réflexion, transfert de compétence au Magreb).

undefinedEt pour terminer, à Sorgues, le 28, présentation du dernier ouvrage, Lettres du Front, d'Émile Sauvage, un hommage poignant d'un poilu sous forme de lettres. Dans le cadre de la manifestation Exposition "la Grande Guerre" avec le concours de l'office national des anciens combattants.

Entre temps, de nombreux manuscrits se sont accumulés, attendant un regard attentif. Des rencontres avec les médiathèques, des contacts avec des décideurs pouvant soutenir ces projets plus tous ceux à venir... et pour ne pas s'arrêter en si bon chemin, bientôt la parution du deuxième roman d'André Raoux Granier. Mais ça, on le laisse pour avril !


Un agenda chargé, une passion partagée.

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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 12:33
Je m’interroge … Dans  leur jungle putride, les FARC exécutent d’une balle dans la tête celles et ceux d’entre eux qui ont osé s’aimer. Pourtant des idylles renaissent encore et encore. Le désir d’amour est-il  donc si fort ?
 Regardons  ce qu’en dit  la littérature et particulièrement ce roman peu connu:
«L’impossible dimanche »
De Marek Hlasko
Aux éditions Cynara
A Ingrid.
Il faut présenter tous les signes d’un  crétinisme  consanguin pour déceler dans les œuvres de Marek Hlasko la moindre trace  d’optimisme. Varsovie, 1956. Comme à Budapest, les peuples du paradis soviétique se sont révoltés pour arracher quelques libertés à leurs oppresseurs. L’avant-garde éclairée du prolétariat les extermine mais il en demeure un frêle soupir  de liberté culturelle. Certains osent écrire, deviennent des idoles de la jeunesse. C’est donc dans un décor stalinien désespéré, mais vaguement lézardé, que  paraît « L’impossible dimanche ». Deux pièces  minuscules d’un immeuble pourri. Cinq personnes survivent. La mère, grognasse alitée et  mourante. Le père qui a cru exister jadis,  mais dont le seul horizon est désormais la pêche à la ligne. Agnès, une étudiante, vaguement amoureuse d’un ancien détenu politique, à qui elle voudrait se donner sans joie. Son frère, dont l’alcoolisme forcené  tient lieu de suicide réfléchi. Un locataire indéterminé qui répare sa moto en attendant une fiancée infidèle. Chacun espère quelque chose pour le dimanche qui suivra, comme on s’accroche à une mouche d’espoir ; demain, peut-être, elle se posera sur la fange des jours. Né en 1934, pur produit de la guerre, de la famine et de la terreur,  Marek Hlasko est un auteur brutal et sombre. Il s’évade de Pologne en 58 pour travailler en Israël, comme camionneur et proxénète. Il  se fera ensuite  une place dans le cinéma amerlock, rien de mirifique. A 35 ans, il se supprime en  Allemagne. Fin du conte de fée. Dans « L’impossible dimanche », on ne rit pas davantage. Agnès se fait déflorer comme pute. Le père, bloqué par la pluie, reste devant sa fenêtre. La mère de décompose sur sa couche. La fiancée  du motard le roule dans la farine (de seigle, bien noire). La jouissance ultime du frère est de ne pas se tuer  -- Trop rapide !  --  avec le revolver qu’il exhibe. Cependant, c’est à peine croyable, il demeure dans ce fracas immobile et boueux la très  fragile illusion de l’amour, qui changera tout, si « dimanche » vient. La force littéraire du court roman de Marek Hlasko est impressionnante. On prend des coups sur la gueule, mais on s’exclame  en achevant la dernière page : Foutredieu, foutremarx, quel livre ! Nous pouvons tous être otages des FARC…Tous. Mais rien ne tuera  l’espérance.

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 18:46
Je m’interroge …Sous les paillettes et le gling-gling, il n’y a rien, d’accord. Mais  au fond de l’Homme, derrière  l’immensité de ses pensées et de ses  créations innombrables, quoi ?
Regardons  ce qu’en dit  la littérature et particulièrement cette petite merveille :

« Molloy »
De Samuel Beckett,
Aux éditions de minuit

Après Proust, Beckett ? D’accord, j’exagère ! Pourtant quel bonheur de  rapprocher ces deux là. Car l’amour de l’un ne va pas sans l’admiration  de l’autre, même si Proust achève sa quête dans la plénitude du temps retrouvé, tandis que  Beckett sombre, avec une délectation féroce et un humour au vitriol, dans le vide absolu du non-sens. Molloy est un roman double. Côté face, un SDF à béquille, qui, sur une bicyclette rafistolée,  cherche sa mère au fond des fossés. Dans un décor aussi flambant qu’un poireau bouilli sous un ciel de Toussaint, Molloy raconte sa vie au travers d’instants immobiles et de guingois.  Au fur et à mesure de son récit, il tombe dans une inactivité totale,  pour finir sous des feuilles mortes après une longue reptation. Côté pile, Moran, un détective solitaire chargé d’enquêter sur Molloy. Moran, homme de convictions, inflexible et sûr de lui, est lancé à la recherche de Molloy par une autorité à l'allure vaguement divine, Youdi. Moran se perdra pour finalement rejoindre Molloy dont il est l’ombre,  le double absolu. Les deux récits se répondent dans une série d'échos fuyants et  de miroirs à donner le vertige. Quelle fascination pour  l’immobilité définitive du paysage ! Pour l’inertie absolue des sujets ! Pour la fixité de l’espace ! Rien ne se perd et très peu se transforme d'une heure, d'un jour, d'une vie à l'autre, celle de Molloy ou  celle de Moran (la même ?), naissance et mort se rejoignant dans le même instant final (ou  débutant ?).  Beckett écrit en Français.  C’’est pour appauvrir son Gaëlique irlandais, bien trop truculent et coloré pour les univers blafards qu’il veut nous transmettre : le résultat est  glaçant. Avec le Grand Marcel, nous étions dans le rêve impressionniste. Avec le Maigre Samuel, nous voilà réduits à occuper de moins en moins d’espace et de temps, à renoncer à toute autre consolation que l’effacement absolu. Avec Beckett je suis tombé dans le vide absurde. Je n’ai pas eu mal, non.
Pire :
je me suis décomposé,  avec cet attachement  étrange pour ce qui reste… quand il ne reste plus rien.

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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 10:03
Je m’interrogeCes proches blessés par la vie qui nous sont si chers, écoute-t-on assez  leur désarroi ? Comment  les aider ? Ils sont si nombreux…
Regardons  ce qu’en dit  la littérature et particulièrement ce tout nouveau roman


«Emily ou la déraison »
De Jean-Pierre  Milovanoff
Chez Grasset

Emily a peur de tout depuis l’enfance. Du facteur qui ouvre le courrier, de l’avion qui s’écrase, des taxis qui kidnappent, des tueurs au cinéma, des poignardeurs dans les ascenseurs. C’est qu’elle a vécu plusieurs chocs superposés, tragédies familiales et tumultes de l’histoire et ne s’en est pas remise, ne s’en remettra jamais. Alors, Emily vogue loin de la raison, protégée par un frère attentionné et doux, bien que lui-même  assez fantasque. Dans le  très fragile équilibre  de sa  vie,  la  folie d’Emily n’est pas  de violence incontrôlée, d’apathie, de délires évidents. C’est plutôt une différence entraperçue de temps à autres, un décalage, une inaptitude à éprouver le réel. Bien que chouchoutée  par son tendre frère, Emily déraille. Il faut veiller constamment sur elle. Cependant, Emily rencontre l’amour, devient femme, presque « comme les autres ». Las ! Son amoureux s’avère vacillant lui aussi, il se suicide pour une broutille. Elle rencontre alors un autre homme, qui l’aime comme elle est, une île douce au large du continent rationnel… Mais c’est déjà  trop tard, elle va s’enfoncer dans  la démence sous le regard impuissant de son frère. Avec beaucoup de pudeur, d’élégance, presque de légèreté, Milovanoff relate cette lente descente aux enfers comme un conte cruel, inéluctable, écrit à l’avance par on ne sait quelle fatalité. Il nous donne à lire un roman rose qui est un roman noir, c'est-à-dire un roman russe, ciselé par une plume prodigieusement française. On lit «Emily ou la Déraison » comme on avale un sirop doux-amer, à la fois liquoreux et persistant, un sirop couleur pastel, un sirop parfumé d’une rare  affection  fraternelle. Devenir écrivain, dit Milovanoff, lui-même  fils d’immigré russe chassé par les Soviets, c’est commencer à donner une langue à ce qui en nous était resté silencieux. Ecrire c’est s’aventurer dans un long travail de construction, un peu fataliste, car le destin, la somme des hasards de la vie, est plus fort que tout. Ce livre est sa propre  histoire et il ne sauvera pas sa sœur Emilie de la folie. Mais il l’accompagnera tendrement, elle ne sera  pas seule, elle n’aura pas peur. Ce n’est déjà pas si mal ! Il faudrait, pour nos proches blessés avoir la même lucidité et la même présence douce. L’archipel des déraisons serait moins effrayant, pour eux, pour nous.

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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 09:37
Voici tiré du passé, quelques extraits d'un texte. Ce qui m'attriste profondément c'est la continuité du fait.
Vos réactions sur le sujet m'interessent, dans un sens ou un autre !
En 1978 le Magazine littéraire n° 139 nous pouvions lire ce texte de Christiane Rochefort : Vous pourrez le lire dans son intégralité en suivant le lien en bas de page, en voici cependantr quelques extraits toujours d'actualité !
....... Et nous (femmes), les avons-nous déracinées de nos âmes, les structures de pouvoir ? La première « utopie » du mouvement des femmes américaines, Scum, de Valerie Solanas, est un pur et complet renversement de pouvoir - en fait, une hypothèse d'école, provocatoire et destine à faire voir crûment, par symétrie, une situation démente, jusque-là universellement non aperçue comme telle. Un beau choc aux fins de prise de conscience, et qui a fonctionné. Bon, la tendance au renversement de pouvoir est une réaction de compensation, de décompression, de type cataclysmique vu par les millénaires à liquider d'un bloc......
... Je vais contrarier Robert Kanters, qui écrivit jadis que les femmes ne sont pas de taille à édifier des utopies : elles le sont probablement davantage que leurs devanciers. Bien qu'elles puissent en être contaminées, elles n'ont ni estime ni affection pour le pouvoir, chevillées au corps sauf exceptions rares et tenues pour morbides par les autres et considèrent allègrement qu'on peut faire sans : car elles ont l'habitude de l'autogestion, comme le faisait déjà remarquer Aristophane, sans en tirer toutefois toutes les conséquences. Forcément....
.... En tant que production littéraire. Et qui sait si pas aussi comme réalité vécue ? La chose n'a pas encore été tentée. Quand, où, comment, ne demandez pas. Pas pour l'instant. Pour l'instant, la question est plutôt : pourquoi, d'essayer de songer à l'utopie me plonge, au lieu de la joie, dans la mélancolie, et, comment dire, une espèce de nostalgie rageuse ? Enfin quoi, que peut être la pensée de l'utopie, en juin 1978 ? Nous, ici, nous sommes exactement dans une anti-utopie. Ce n'est pas que nous n'avons pas, dans le coin : nous avons. Mais ce que nous avons nous est retiré dans le même mouvement. Prenons n'importe quoi. L'information. Nous avons une surabondance d'information - qui sert à nous désinformer. Les clubs de vacances. Certains sont conçus comme des vraies petites utopies, avec Nature, Liberté, Culture même, et même fournitures pour besoins mystiques, et gratuité (on a payé avant). Provisoire à dates fixées, juste ce qu'il faut pour qu'on rembraye au jour décidé en haut : ce qui constitue déjà une dérision. On a tout là-bas et on n'a rien : car c'est comme une parodie. Et c'est commercialisé n'oublions pas : c'est exploité. On se paye notre rêve. On reçoit du faux-semblant. C'est une dépossession. Et on ne peut même pas dire qu'on n'a pas puisqu'on a . C'est du zombisme. Ce serait cruel de se demander s'il vaut mieux ne pas avoir, et avoir ses désirs ; car quand on n'a pas, on souffre. Pour de vrai. Nous on ne souffre pas. On est vidé par le dedans. On vit sur l'envers de l'utopie, et si on ne se pince pas pour se réveiller, dans l'utopie on n'ira jamais. Si on se pince pour se tenir éveillé, que peut-être la pensée de l'utopie, en juin 78 ?
La suite
Et vous, vous en pensez quoi???

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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 12:33
Ambiance conviviale en Avignon sous ce chapiteau les 17,18 et 19 décembre.
C'était une première, en partenariat avec le Conseil Général et la SNCF, les  éditeurs du Vaucluse ont affronté le froid.

Saluons les B.I.P. (brigade d'intervention poétique) du théâtre du Balcon, ils ont toute la journée arpenté les TER pour murmurer quelques textes à l'oreille des voyageurs. Expérience troublante, voire intime, les textes chuchotés dans ce tuyau prenaient une nouvelle dimension.


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Une reconnaissance pour le travail des éditeurs du Vaucluse, espérons que cette manifestation sera pérenne,
elle s'intégrera parfaitement dans le paysage culturel d'Avignon.

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