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  • : Maison d'édition Elan Sud, littérature générale, à Orange (84). Ses auteurs et leurs romans. Parutions, articles, interviews, commentaires. Actualité des salons du livre, rencontres avec le public. Site d'échange littéraire. Organisation du concours de manuscrits : Prix première chance à l'écriture
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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 17:23
En se permettant de titrer sa prose ainsi, Beigbeder prend son seul risque littéraire de la rentrée, à savoir, penser que ce qu'il vient de pondre correspond au genre littéraire de notre époque. Fred va nous donner une leçon de littérature contemporaine, après "le nouveau roman", voici "le roman français".

Qu'en a-t-on à faire de l'enfance de ce gaté-pourri qui n'a souffert que du manque de souffrance? A force d'écrire en se regardant le nombril dans le miroir, Beigbeder finit par écrire à l'envers, à l'envers des possibilités qu'il possède très certainement.
Que peut nous importer de savoir que certains nantis finissent leur soirée au commissariat parce qu'ils se sont rebellé — oh, la, la! — en se shootant les narines sur le capot d'une voiture à l'aide d'une carte bancaire dorée… devant une boîte de nuit branchée… en pleine rue… quelle aventure! J'ai fait de la garde à vue, oh… avec des clochards, ah… Ça sentait mauvais et on m'avait même enlevé ma montre! Hé, monsieur l'agent, mon frère va recevoir la légion d'honneur! Délivrez-moi, je fréquente le Président! (enfin, pas moi, mon frère).

Quel héritage socio-culturel nous livre là l'auteur! Lisez petits consolecteurs, je fais partie du cercle des écrivains — d'ailleurs, je le répète haut et fort plusieurs fois pour vous le rappeler, je suis un éccccrivvvvain! —, de ceux qui se droguent comme certains grands du temps jadis, de ceux qui bravent la maréchaussée comme le font tous les pochards en fin de nuit, quand leur esprit embué n'arrive plus à contrôler un flux de mots désemparés, celui des alcooliques, des camés, des pochtrons. Écoutez, je cite des grands auteurs — dont je fais partie puisque je les connais et que j'écrivaille. Regardez-moi, écoutez-moi, moi, moi, celui qui vampirise les médias quand j'ai besoin de vendre, d'exister, de prétendre à la notoriété.

Fallait-il qu'il rende une copie en temps voulu? Devait-il entretenir une machine marketée à outrance qui lui imposait de produire "just in time"?
Ce livre souffre d'un manque de style, c'est du brut de conversation. Le seul point qui le sauve, c'est que Fred en a, de la conversation. Parfois grossier, il est vrai, le mot est écrit en gros, presque en gras. Obligé de tourner les pages, non seulement parce qu'elles sont vides, mais parce qu'on a envie de savoir ce que peut contenir ce livre dont la presse s'est chargée de chanter les louanges. C'est du remplissage, du gavage. On fait dans les 280 pages pour illusionner. Mais un gros roman ne fait pas forcément un grand roman.

Fred, tu — entre gens qui se comprennent, on se tutoie… — vaux certainement plus que cela, mais tu choisis ton monde, tu modèles ton image selon tes fantasmes. On te dit beau, intelligent, cultivé… (en veux-tu encore?). Alors, pour un instant, pense à ton épitaphe. "J'ai fais le clown durant ma vie, mais je n'ai pas fait rire", ou bien "j'ai visé le caniveau quand je pouvais atteindre les sommets". Tu attendras les sommets ou les gouffres que tu t'autoriseras. Tu te crois libre, grand et fort, maître du monde, mais voilà, on n'est jamais maître que de son petit monde.
Dominique LIN


Un roman français, Frédéric Beigbeder, Grasset, août 2009, 281p., 18€00

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commentaires

Un des nombreux autres Frédéric sans talent 30/08/2010 18:54



L'autre fois devant une boite de nuit, je me suis coupé avec ma carte de crédit. La blessure a été mal soignée et m'a filé une sale gangrène...


 



Hélène Jean 13/09/2009 11:26

Bonjour Dominique Expliquer avec autant de talent qu'un livre est mauvais, c'est du grand art ! et donc une raison suffisante pour empêcher les lecteurs potentiels -? -de perdre leur temps à lire un livre inconsistant et nombriliste.Merci Dominique AmicalementHélène

Dominique 13/09/2009 13:27


Bonjour Hélène
Des milliers de lecteurs vont suivre en aveugle certains "critiques" criticables par leur  inféodation à un cercle restreint de gens bien pensants, bien en vue, bien introduits, qu'il "faut"
fréquenter, lire et encenser. Comment être dupé par l'effet d'annonce sur ce fameux chapitre retiré juste avant impression pour ne pas faire scandale. Comment croire qu'il ne s'agit pas d'un plan
marketing pour défrayer la chronique! Allons bon, nous sommes dans le commerce de la plus basse espèce, celui de faire croire que cet homme a du talent. Non, il n'est que vulgaire!
Des milliers d'auteurs aimeraient et mériteraient d'avoir le 1/10e de couverture médiatique dont dispose cet auteur. Beaucoup aimeraient avoir leur place dans le catalogue de Grasset. Alors, que
vient y faire ce clown triste qui n'a plus que son indécence à vendre? On en serait presque triste.

Cet article m'est venu d'un commentaire que je postais récemment suite à un article du blog "Lire est un plaisir" allant dans le même sens que mon avis. Ne serais-je donc pas le seul à m'insurger contre la contrefaçon littéraire?
Amitiés
Dominique