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  • : Maison d'édition Elan Sud, littérature générale, à Orange (84). Ses auteurs et leurs romans. Parutions, articles, interviews, commentaires. Actualité des salons du livre, rencontres avec le public. Site d'échange littéraire. Organisation du concours de manuscrits : Prix première chance à l'écriture
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Bonjour à tous,

J'ai ouvert ce blog pour vous permettre de réagir aux lectures de nos ouvrages. Les auteurs vous répondront avec plaisir en fonction de leur emploi du temps, laissez-leur un commentaire.

Un calendrier pour retrouver les auteurs, un Blog pour prolonger une conversation…

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 13:51

livres.jpgOn ne cesse de parler de la course de la rentrée, non pas celle des enfants en âge de scolarité, mais de la sortie des 650 et quelques romans en lice pour les tables et les devantures des librairies.

Qui sera le roi de la rentrée, qui franchira le seuil des 1 000, 3 000, 5 000… 10 ou 100 000 exemplaires ?

C'est la guerre sauvage de la communication depuis plus d'un mois. Les colonnes des revues spécialisées ne sont pas extensibles, il n'y aura pas de place pour tout le monde! Certains auteurs se sentent obligés de s'affubler d'un chapeau ridicule ou de tenir de drôles de propos, et on en parle comme de la femme à barbe, celle qu'il faut aller voir — attention, ne venez pas avec vos enfants de moins de 12 ans —, interviewer, lire, entendre… On lui pose toutes les questions, sur elle, elle, elle, mais jamais sur le fond. Elle pleure en écoutant Shubert en direct sur Radio classique, elle parle de ses envies de meurtre endiguées par l'écriture sur France Culture… ouf, nous sommes sauvés, un tueur en série de moins dans la rue. C'est une bonne cliente, elle fait de l'audimat, alors, on l'invite partout. Qui ne l'a pas invitée, ne l'a pas chroniquée, n'a pas prononcé son nom dans une soirée branchée n'est pas un professionnel du livre !

Dans trois semaines, 80 % des romans parus s'en retourneront chez l'éditeur, direction le pilon. L'édition est la seule industrie qui jette sa production en une telle quantité alors qu'elle est encore consommable.

Les revues, les blogs, les émissions de télévision ou de radio nous imposent le même choix, nous faisant croire que nous décidons, mais, en vérité, pas de choix, juste une liste qui ressort, générée par les budgets publicitaires injectés par les éditeurs dans le circuit du livre.

Le monde du livre se meurt, dit-on, mais tous ceux qui ont les moyens de le sauver ne font qu'accélérer sa chute. On se croirait au cinéma, à la télévision ou au football, on nous sert la soupe. Le livre n'est plus qu'un marché sans âme. Les gestionnaires au service des actionnaires. Concentration des marques, optimisations des dépenses, compression du personnel improductif, gestions des flux, combat avec la concurrence, rachat de joueurs/auteurs, prise de pouvoir dans les médias, contrôle du système de diffusion, distribution et de vente au consommateur, transport.

Vampiriser le marché, s'imposer comme le maître du secteur, racheter les challengers, faire des coups d'éclat et noyer le circuit en envoyant chaque semaine une nouvelle vague de produits.

Demain, nous trouverons les livres au rayon frais, entre le beurre et les yaourts. En dessous du code-barre, nous aurons une date de péremption. Une fois ouvert, vous aurez 8 jours pour le consommer en le gardant au frais. Vous aurez le droit d'appeler le service consommateur en cas de déception. On vous offrira un livre de recettes pour mieux avaler le contenu en y ajoutant des ingrédients épicés, tels qu'un bord de piscine, une plage exotique, une chaise longue sous un tilleul. Vous trouverez alors que le roman a tellement de gout !
Les chroniqueurs vous enverront des ordonnances que vous suivrez à la lettre, la liste à lire, ou tout du moins à acheter. Car peu leur importe que vous lisiez ou non, là n'est pas l'essentiel ! Vous demande-t-on si vous avez mangé votre yaourt ?

L'enjeu est de taille, la rentrée, c'est la grande répétition, le sas donnant sur la cour des Prix. À peine sortis, on nous dit qui est Goncourable, Renaudotable, féminisable… Ce ne sont plus les auteurs qui touchent vraiment les Prix, mais les éditeurs. Deux ou trois Prix dans la même saison, c'est le jackpot !

Pendant ce temps, des centaines d'éditeurs indépendants laissent passer cette vague, continuent à travailler avec leurs auteurs, construisent, titre après titre, un catalogue qui a du sens, du goût, de la tenue. Quand vous ouvrirez ces livres, peu vous importera leur date de « mise sur le marché », car ils auront le gout de l'intemporalité. Vous achèterez un roman pour son auteur, mais aussi pour son éditeur, garant de la patte, du style de la maison, comme on achetait un tailleur Channel ou un cru du Bordelais.

Cela ne veut pas dire que les éditeurs industriels ne sortent pas de bons romans, loin de là, il y en a d'excellents. Le problème, c'est qu'ils sont, eux aussi, noyés dans la masse. Car derrière les grands discours sur la littérature, ce qu'il faut décrypter, ce sont les vraies motivations de chacun. Un industriel se doit de progresser de 5 à 10 % par an. C'est la loi des marchés, la loi des actionnaires. Sinon, le PDG, fils de la famille ou énarque fraîchement recruté, sera viré, sa date de péremption sera atteinte, il n'est plus rentable !

Alors, je demande à tous ceux, et ils sont légion, qui œuvrent dans le monde du livre, de réfléchir à deux fois avant d'écrire leurs prochaines lignes. Êtes-vous en train de vous inféoder au système, êtes-vous, vous aussi, en train de broyer la diversité littéraire au profit de gens pour qui vous n'êtes rien, si ce n'est des marionnettes à leur service. Croyez-vous que votre sens littéraire, votre appétit de mot, votre amour du style seront reconnus parce que vous aurez aboyé avec la meute?

Il ne s'agit pas d'ignorer cette production, mais de laisser plus de place aux autres, aux petits qui se battent pour que le mot culture ait un sens, que l'équilibre soit retrouvé et que les lecteurs aient droit à un vrai choix. Littérature et argent sont deux valeurs différentes voire opposées. Le lecteur n'en a que faire de savoir si le livre sort de chez un industriel ou un artisan.

 

Dominique Lin
C'est par ici 

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publié par éditions Elan sud - dans Chroniques de Dominique LIN
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commentaires

Kamel Kies 09/10/2012 22:41


Pourquoi vient-on au Salon
du Livre?


 
C'est une expédition dans la "
jungle" des mots qui nous interpellent par l'entremise d'hommes et de femmes qui nous conduisent à la "lueur" de leur plume vers des horizons que la réalité de la vie ne nous permet pas toujours
d'entrevoir les contours ...Cette imagination qui fertilise l'esprit et "taquine" notre mémoire qui se réveille face à ces lointains souvenirs marqués par la fébrilité de ces moments fugaces que
nous avons su jalousement gardés au fond de notre enfance qui ressurgit à chaque fois qu'un livre nous tombe dans les mains ....Aller à la rencontre du livre , c'est aller un peu à la rencontre de
soi-même. Qui ne s'est pas reconnu dans la lecture de ces ouvrages où le roman prend l'allure d'une aventure réelle, concrète , où l'histoire se lit comme un conte qui force l'intelligence à mieux
lire entre les lignes , où le fantastique , s'invite dans le réel pour mieux nous donner à réfléchir sur le futur , où la géographie nous conduit vers les voyages les plus téméraires , où la
philosophie éparpille les idées pour peut-être mieux les rassembler où les sciences nous guident dans les dédales de la recherche pour mieux "entrevoir" le jour et "comprendre" la nuit ,où le
merveilleux l'emporte souvent sur le pathétique dans des histoires qui hantent nos rêves ...Tout cela et bien d'autres choses encore nous le devons à ces écrivains qui ont " plombés" les mots de la
vie dans nos esprits ...Et aller aux salons du livre , c'est s'empêcher d'avoir l'esprit " plombé "! 

 


                                                                            
Kamel Kies                                         

Martine 07/09/2012 10:29


Bonjour,


 


Pour ma part je ne suis pas la vague de la rentrée littéraire ou seulement si un roman (par son titre, sa couv, sa présentation, ou même son auteur ou son éditeur) m'interpelle!


Je fais confiance aux auteurs pour me surprendre, suivre ceux que j'apprécie plus particulièrement sans adhérer à un quelconque mouvement de mode ou de masse...


J'aime les livres pour l'histoire qu'ils me racontent, le voyage, la découverte qu'ils vont me faire faire et la rencontre qu'ils vont me proposer.


Je n'hésite pas (plus) à refermer un livre qui n'est pas au rendez-vous et peu importe qu'il ait été écrit en août 2012!!! ou il y a plusieurs années voire décennies ou plus encore!


Merci de m'avoir permis de m'exprimer ici


Bonne journée!


Martine

Dominique 07/09/2012 11:03



Vous êtes la bienvenue.


Le droit du lecteur permet de ne pas terminer un livre qui n'est pas, comme vous le dites, au rendez-vous… Il n'y a que les commerçants pour parler de date de parution, de rentrée littéraire
comme on parle de soldes ou de foire aux vins, semaine du blanc!
Les lecteurs parlent de style, de la magie de l'écriture qui les fait décoller.


Il s'agit bien de deux mondes différents
Dominique 



FRED 06/09/2012 08:58


Comme je suis d'accord ! Le livre est devenu le royaume de la "Pensée Unique". "ON" nous dit ce qu'il faut lire et évidemment ce sont toujours les mêmes auteurs. Des revues telles que Lire sont
les ayatollahs de cette tendance. Abonné depuis plusieurs année, je n'y ai jamais fait aucune découverte. Heureusement qu'il y a encore de bons libraires et de bonnes médiathèques qui nous
permettent d'élargir notre panel de lecture.

Dominique Lin 06/09/2012 10:18



La rentrée littéraire, c'est un peu comme les soldes. Avant, c'était une fois par an, maintenant, c'est deux fois.


Le livre a toujours été une industrie (Gallimard vient de racheter Flammarion via une holding financière…), mais en prend de plus en plus les mauvaises manies en
oubliant le contenu, à savoir la littérature. Peut-être que dans dix ans, ils se diront, comme pour la tomate, qu'il serait bon de lui redonner du goût!


Cette chronique s'adresse surtout aux médias, à ceux qui ne font que jouer dans la cour de ces gens-là. Si vous visitez la rubrique qui m'est attribuée, vous
verrez que j'ai chroniqué d'autres livres, de petites maisons d'édition ou d'auteurs pas connus, mais qui méritent de l'être.


Dominique