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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 08:34
Je m’interroge… Nos esprits et nos âmes sont-ils mornes comme des limandes surgelées ou au contraire inspirés par d’insondables, mystérieux et fluctuants fantômes ?
Regardons ce qu’en dit la littérature et particulièrement cette petite merveille que nous avons sous la main et que nous ne pensons pas à lire :
«Le tour d’écrou » de Henry James
On connaît peu Henry James, pourtant grand maître de la littérature fantastique. Attention ! Je ne parle pas ici de carton-pâte façon Potter, Charmed et autres Draculettes insipides. Je n’évoque en rien ces personnages, aussi profonds qu’un pédiluve, aussi épais qu’un courant d’air, aussi consistants qu’un bouillon de poule… Non ! Je veux parler de ces flux intérieurs, qui, venus de profondeurs et d’histoires insondables, nous submergent d’émotions lointaines, complexes, irrésistibles et bouleversantes, pour semer dans nos esprits d’apparence formatée, la plus étrange et la plus irréelle des confusions. Ainsi l’histoire du « Tour d’écrou ». En 1898, dans un manoir perdu au fond de la campagne anglaise, deux angelots parfaits sont confiés à la seule garde d’une jeune gouvernante, fille de pasteur pauvre et légèrement hystérique. Dans le décor enchanteur du castel où batifolent les mignons enfants (un garçon et une fille) surgissent soudain deux spectres qui cherchent à happer les petits vers leur territoire mortifère. Ce n’est guère difficile car les anges, croit-on deviner, sont assez tentés par l’aventure macabre. Croit-on ? De fait, on l’ignore, car le seul témoignage est celui de la jeune gouvernante narratrice, que l’on devine un rien fêlée. L’histoire glaçante des revenants, qu’elle nous rapporte dans une lettre, peut n’être que le fruit de ses délires névrotiques. Le manoir est-il vraiment hanté ? Ou la gouvernante dérive-t-elle dans un conflit intérieur très freudien sur l‘émergence, face à elle, de la sexualité du garçon (c’est mal, et il va en mourir) et la relative innocence de la fille (c’est bien, et elle en réchappera), qu’elle fantasme à plein tubes ? Ne choisissez pas. C’est l’un et c’est l’autre. Le choc émotionnel du conflit féminin interne provoque la vision de ce qui n’est pas matériel et visible mais qui est cependant bien réel dans l’esprit, le cœur, la chair de la gouvernante. On atteint ainsi au grand art littéraire de l’ambigüité, mais on effleure dans le même temps la barbarie intérieure des hommes, leur instinct de mort, et ce qu’ils déclenchent. Hors, Henry James, né en 1843, écrivain riche et mondain, lu et adulé aux Etats-Unis, en France, en Italie, en Angleterre, peintre psychologue, poète et moraliste d’une société qu’il apprécie très positivement, est ébranlé par la première guerre mondiale et les horreurs qu’elle révèle dans l’intimité des plus doux. Il s’aperçoit alors que sa littérature ne parlait que de ça ! Et il meurt, en 1916.
Bien chers fantômes, il faut apprendre à vivre avec vous. Pour le meilleur et pour le pire, vous êtes notre essence.

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