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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 10:35
Lettres du front, Poilu, Emile Sauvage, éditions Elan Sud

Vous n’avez pas pu et ne pourrez pas y échapper, dans quelques jours, nous fêterons le centenaire de l’armistice de 1918, un siècle que cette boucherie atroce a cessé, sans empêcher, malheureusement, d’autres conflits d’apparaître ensuite, et d’augmenter encore le nombre des morts. Nous aurons droit, une fois encore, à toutes ces images de tranchées, d’obus qui explosent, de gueules cassées, de sang et de larmes. Nous aurons droit à ces commentaires lancinants, touchants, chargés de tristesse ou d’espoir…
Le seul moyen de survivre au milieu du chaos, de ne pas sombrer dans l’horreur de la mort, de l’odeur des cadavres, du froid, de la pluie, de la faim et de la peur, c’était de prendre un crayon et un feuillet de papier et de s’échapper, d’aller rejoindre par la pensée, à l’autre bout du fil des mots, celle qu’on aimait. Oui, s’il existe un havre d’amour, c’est bien dans ces millions de lettres que tous ces hommes ont envoyées à leur femme, leur mère, leur sœur ou leur fiancée. Émile Sauvage faisait partie de ceux-là.

Né à Caderousse puis habitant à Sorgues, en Vaucluse, il a d’abord été ingénieur, ce qui à 30 ans passés, lui avait permis de voyager, au Maghreb, entre autres, de voir le monde, d’autres cultures. Il est parti comme beaucoup en août 1914, lui, c’était à Avignon, pour un regroupement sur la côte, à Beaulieu, ce qui lui fera dire à sa femme : « Il ne me manque que toi, Clairette ! Si tu étais là, nous tirerions deux fauteuils l’un contre l’autre et, bien moelleusement assis, nous causerions de toutes les jolies choses que nous aimons. » Émile Sauvage va, bien entendu, se rapprocher du front, doucement, car grâce à son âge, il n’est pas en première ligne dès le départ. Cela lui laissera le temps d’envoyer 150 lettres à Clairette, qu’il signera « Ton Moumouye ». Il l’aidera à gérer la ferme familiale, choisir les semailles :« Il ne faut pas semer des épinards dans l’aire, c’est une terre trop maigre. Le légume ne fera rien. Il faut au contraire semer dans le jardin entre les lignes de millet et il faudra mettre beaucoup de fumier dans le jardin. », l’aider à préparer sa grossesse. Il la plaindra, elle qui reste là, à tout faire seule, alors que pour lui… tout va bien… « Je m’habille bien et n’ai pas froid. Nous sommes très bien nourris, la table est toujours garnie comme pour les jours de fête. ». Il minimisait le danger, se jouant des situations : « Ce vacarme inquiétait les Allemands qui envoyaient des fusées éclairantes et nous avons assisté à un véritable feu d’artifice. C’était très joli à voir et pas dangereux du tout. » Il comparera les modes de cultures entre la Champagne et la Provence, ouvrant toujours ses mots vers un avenir meilleur, un après…

 

Par-dessus tout, il lui écrira des lettres d’amour, toutes plus tendres et enflammées les unes que les autres.
« Je suis fou, Clairette, fou de bonheur et d’espoir. Quelque chose chante dans mon cœur. Il me semble que ta lèvre effleure la mienne, que ton corps glisse dans mes bras. »
« Alors, vois-tu, plus je vais et plus je suis amoureux de toi, et il me semble de ton côté que c’est la même chose et que nous nous aimerons de plus en plus à mesure que nous vieillirons. Est-ce que tu ne rêves pas de moi quelquefois ? Il ne te semble pas la nuit que je suis à côté de toi, que je te serre bien fort, que nos deux cœurs se frôlent. Je ne sais pas ce que je ferai pour te faire plaisir, ni quelle caresse je pourrai te donner pour te caresser plus encore. »

Et quand il terminera ses lettres ainsi, on comprendra combien le lien d’amour est le seul qui les garde en vie et ne fait pas vaciller sa raison : « Quand tu m’écriras, dis-moi un peu des choses amoureuses et alors je prendrai ton portrait d’une main et ta lettre de l’autre et il me semblera que je te fais la cour. Maintenant je vais m’endormir en pensant à toi, le joli rêve que je vais faire ! Que de bécots je vais te faire toute la nuit ! Papa Moumouye. »

 

Il y aurait tant à dire sur ce recueil de lettres… tant d’émotion, tant d’amour, tant de tendresse.
Lorsque vous ouvrirez Lettres du Front, vous lirez Émile Sauvage sur la couverture. Peut-être qu’en le refermant,  après avoir vécu avec lui ces 150 lettres, il sera devenu Émile, cet aïeul que nous avons tous perdu dans les tranchées.

Dominique Lin

 

Lettres du Front, nouvelle édition augmentée 2018, collection Mémoires (premières lettres en ligne, cliquer ici)
ISBN : 978-2-911137-63-1 – 160 pages, format 210 X 240 mm

 

Grand-père était dragon, de Denise Déjean, éditions Elan Sud

Pour les plus jeunes, nous vous conseillons, dans la collection élan J, Grand-père était dragon, de Denise Déjean, illustré par Nathalie Desperches Boukhatem.

Résumé : En arrivant en cours d’année dans sa nouvelle école, Jean est intimidé. Il bégaie et les autres se moquent de lui. C’est en faisant un devoir donné par Babette, son institutrice, que l’enfant découvre qu’un de ses arrière-grands-pères était… dragon.

ISBN : 978-2-911137-62-4.

32 pages quadri - 10 €

150 lettres d'amour d'un poilu, en héritage pour le centenaire
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